logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

07/05/2012

" Le Plus grand orchestre des Anges"

Il se trouve dans la chapelle axiale : la chapelle dédiée à la Vierge ....

 

DSCF2429 (2).JPG

Toute la cathédrale était peinte....

Un enduit au lait de chaux : blanc ou crème selon les endroits, couvrait les murs, les piliers, les voûtes .....

La chapelle de la Vierge, la plus importante avait, en conséquence la décoration la plus riche....

Pas un centimêtre carré de pierre qui n'était recouvert d'une polychromie luxueuse.

 

DSCN0105.JPG

De récents sondages ont précisé ce qui se laissaient deviner il y a une centaine d'années.

Dans les arcades du soubassement, une suite de personnages, dont des prophètes étaient assis en tenant des phylactères.

Au centre figurait le Christ.

Les restes témoignent d'une exécution très soignée datant de la seconde moitié du 13ème siècle.

 

Anges musiciens1.jpg

Quand à la voute elle même, elle a reçu la plus belle parure qui soit grâce à Gontier de Baigneux, nommé en 1637 évèque du Mans.

Il fit peindre dans la chapelle où il aimait méditer, 47 anges musiciens qui chantent l'office de la vierge.

L'oeuvre se situe entre 1370 et 1385.

On regrette que l'artiste reste inconnu, car chacun s'accorde depuis longtemps à reconnaitre un personnage réputé et proche  de la cour royale, en raison de la facture exceptionnelle de son oeuvre.

Disparue sous un badigeon en 1767 qui provoqua son oubli, elle fût redécouverte en 1842, à l'occasion de travaux dans la chapelle.

Prosper Mérimée, en sa qualité d'inspecteur général des monuments historiques, s'inquiète de leur sort.

Malgré des pressions locale, le ministère interdit toute tentative de restauration qui pourrait dénéturer l'oeuvre.

C'est en 1994 - 1995, seulement, les techniques ayant progressé, que l'on entreprend une restauration globale.

Alliant respect scientifique et doigté artistique, ce travail a restitué les harmonies colorées de cet inestimable ensemble, chef d'oeuvre de la peinture gothique.

 

DSCN1765.JPG

L'échiquier

La possibilité d'examiner les peintures lors de leur restauration a permis à Philippe Lenoble d'identifier la première représentation connue d'un curieux instrument de musique dont l'invention précède un  peu les peintures : L'echaquier.

On sait maintenant qu'il se présente sous la forme d'une table recouverte d'un échiquier, avec un clavier sur un des deux côtés, mais garde encore bien des mystères.

Le même chercheur identifia à nouveau cet instrument dans les vitraux de la rosace.

La cathédrale du Mans devient donc un lieu incontournables pour les spécialistes de la facture instrumentale du Moyen Age.

 

DSCN1771.JPG

Visages concentrés sous les boucles blondes, regards perdus dans la beauté de la musique, ailes doucement palpitantes au rythme des mélodies ....

47 anges lumineux ornent la chapelle axiale de la Cathédrale.

 

DSCN1764.JPG

Les uns tiennent entre leurs mains, un livre ou un parchemin.

 

DSCN1768.JPG

Les autres un instrument

(flute, cornemuse, guiterne, vièle à archet, psalterion ou rebec ...)

24 instruments sont aujourd'hui visibles dont l'échiquier vu plus haut.

 

DSCN0102.JPG

Tous ces anges jouent ou chantent en l'honneur de la Vierge à laquelle est dédiée cette chapelle.

Les similitudes nombreuses avec la tenture de l'Apocalyse (Angers) ainsi que la chronologie incite à penser qu'il pourrait s'agir ici comme à Angers, de Jean de Bruges, peintre des tois de France.

 

Nuit des Chimères52.JPG

Depuis l'été 2005, par la magie des nouvelles technologies, les anges s'échappent de leur chapelle les soirs d'été.

Voletant jusqu'au parvis roman, ils y font entendre un poétique concert céleste.

(cration Skertzo pour la ville du Mans)

Le concert des anges commence environ 1mn 40 après le début de la vidéo


VTS_01_1 par chrisyannita

 

Bonne journée

 

hebergeur d'image

10:51 Écrit par Anita ABRAHAM dans Patrimoine | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook

01/05/2012

" Le plus vieux vitrail sur site"

L'ensemble des vitraux de la Cathédrale du Mans constitue le patrimoine le plus riche de l'Occident médiéval.

Dans les bas côtés subsistent des vitraux romans aux dominances rouges et bleues, marqués par l'influence byzantine, dont le célèbre vitrail de

 

DSCN1571.JPG

" l'Ascension"

Il serait daté de 1120, l'un des plus anciens du monde, mais d'une étonnante modernité.

 

DSCN1748.JPG

La vierge lève la tête pour suivre le regard du Christ montant au ciel.

 

DSCN1749.JPG

Les douze apôtres qui l'accompagnent portent également leur regard vers le personnage central, aujourd'hui disparu.

 

 

DSCN1747.JPG

 

Comment lit-on un vitrail ?

Un vitrail se lit du panneau du bas vers celui du haut.

Mais chaque panneau peut comprendre un médaillon central, entouré d'autres médaillons, généralement quatre.

Le médaillon central raconte alors le thème principal, les autres par des détails l'expliquent.

-----

Selon les actes la cathédrale du 11ème siècle possédait déjà des vitraux, mais que peut-il en rester après deux incendies consécutifs.

On ne se refuse pas complètement l'idée de voir quelques rescapés qui dateraient de 1100-1120, dont la célèbre " Ascension".

Mais rien n'est simple.

Les plus vieux vitraux du Mans seraient les derniers représentants d'un courant stylistique qui commençait à s'épanouir dans la Vallée de la Loire vers 1100.

Ils dateraient plutôt de 1140.

Cette datation suppose que "l'ascension" ornait une fenêtre remis en état à la même date.

Autrement si le vitrail se situaient dans les parties reconstruites à partir de 1145, il faudrait le rajeunir d'une dizaine d'années.

Ne sachant pas où le virail fût placé, il faut admettre que nous ne connaitront jamais lâge exact du chef d'oeuvre de la cathédrale, sauf si la science découvrait de nouveaux moyens d'investigation.

 

DSCN1754.JPG

Ce qui restent de la verrière, c'est à dire deux registres sur trois, au moins a survécu au sac de 1562 et servait de "bouche-trou" dans les baies de la chapelle de la Vierge jusqu'au 19ème siècle.

----

Le groupe de personnages rangés sur deux niveaux devant un fond rouge et bleu, sans d'autre référence avec un espace naturel, acquiert une présence irréelle et monumentale.

La monotonie qui aurait pu en résulter est évitée grâce à la petite taille des sujets et la préciosité du dessin linéaire.

 

DSCN1751.JPG

A cela s'ajoute un étrange courant d'air qui balaye les vêtements et semble soulever les corps qui se libère en esquissant un mouvement chorégraphique.

L'éclat somptueux des couleurs franches et saturées devient presque hypnotique et rive notre regard qui finit par croire que cette incroyable verrière pourrait être une oeuvre contemporaine.

Les sources inspirtrices remontent à 1100. Il n'est point d'avant garde, mais le chef d'oeuvre parfait qui consacre une longue période qui s'achève.

 

DSCN1750.JPG

On a rapproché ses  formes  de celles des ensembles peints du Sud Ouest, comme celui de Saint Savin sur Gartempe, ou des miniatures du sacramentaire de Saint Etienne à Limoges et de  la "Vita Radegundis", un manuscrit de Poitiers datable des environs de 1100.

C'est avec les miniatures que les particularités du dessin affichent le plus de rapport et révèlent la main d'un peintre venant des régions comprises entre Limoges et Angers, lieux d'épanouissement que l'on nomme plus ou moins bien : L'Ecole de l'ouest.

 

DSCN1752.JPG

Ce vitrail exceptionnel, réalisé vraisemblablement entre 1098 et 1120, avait été déposé en 2004. Il fut ensuite présenté aux visiteurs de l’exposition consacrée à La France romane au Musée du Louvre en 2005.

Transféré, après l’exposition, au laboratoire des Monuments Historiques de Champs-sur-Marne, il fut l’objet de nombreux examens. De multiples recherches ont d’ailleurs permis de confirmer que ce vitrail est le plus ancien au monde encore in situ.

Suite à une analyse attentive de l’état de l’ensemble du vitrail des soins méticuleux ont permis de traiter les pathologies du verre dues notamment à l’eau de pluie et à la pollution. La restauration a été confiée à un atelier manceau et à Didier Alliou, maître verrier, qui a également procédé à la remise en place du vitrail.

-----

Pour rédiger cette note, je me suis aidée des livres sur Le Mans que je possède et notamment : La Cathédrale du Mans par Michel Bouttier.

La prochaine fois, je vous parlerai des anges musiciens.

Bonne fin de journée.


hebergeur d'image

 

hebergeur d'image

17:39 Écrit par Anita ABRAHAM dans vitraux | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook

29/04/2012

" Le seul menhir-cathédrale

La colline primordiale

Imaginons une colline en surplomb d'une rivière, ourlée d'un plaine humide.

A son sommet, parmi les hêtres et les myrtilles, s'ouvre une clairière.

Dans le lointain à travers les branchages, on aperçoit d'autres hauteurs boisées.

Là - bas en direction du Nord-Est, une fumée s'élève,  très droite, pas un souffle de vent.

Un merle vient de lancer son trille d'alerte.

Un chemin de roulement fait de rondins de bois, des cordages, plusieurs dizaines d'hommes : des constructeurs de mégalithes hissent sur la butte, une immense pierre allongée....

 

DSCN6964.JPG

Comme nous ces hommes expriment leurs croyances et leurs angoisses et sont capable de discipline pour élever leur pierre énorme.

Vers la même époque, en Egypte, d'autres hommes construisent des pyramides et un sphinx.

C'était il y a 4500 ans environ.

C'est dire qu'il y a longtemps que la colline du Vieux Mans séduit les hommes.

 

DSCN6964 - Copie.JPG

Menhir doux et frais qui tiédit au soleil, masse de grès rose qui ressemble au sable ridé par la mer, qui l'a peut être façonnée ou à une vue pigeonnante du massif armoricain, avec sa pointe plissée qui dégringole comme drapée, poussée par une grande houle venue d'en haut, pierre brute, pierre longue, pierre levée, le menhir veille sur les lieux depuis tout ce temps.

 

F7467627-550EA533-3A24C6D7-29944159.jpg

(Photo internet)

Monument sacré, il est aujourd'hui adossé à la cathédrale. Plusieurs milliers d'années, les batisseurs chretiens ont respecté la pierre levée.

A l'origine il était coiffé d'une croix de fer .... on ne sait jamais !

Le clocher de la cathédrale fait écho au menhir et son maitre-autel a un dolmen appelé pierre au lait - la pierre plate -

Elle était situé devant le porche royal que vous apercevez  sur la photo ci dessus.

Les chanoines le firent disparaître en 1778.

Il leur rappelait trop les coutumes impies.

----

Ce pauvre dolmen avait d'ailleurs connu au cours de sa carrière des péripéties tout à fait indigne de lui :

Pendant la guerre de cent ans il avait fait office de billot où toulèrent les têtes de 65 manceaux qui avaient ambitionné de bouter l'anglais hors du Mans.

Au 16ème siècle, les réformés arrachèrent la croix du menhir qui s'en trouva ébréché à son sommet.

 

DSCN6964 - Copie.JPG

Parmi les bruits qui courent dans le Vieux Mans, il en est un sur le petit trou du menhir qui serait un veritable nombril.

Il suffirait parait -il d'aposer son pouce dans ce trou pour avoir l'espoir de devenir mère....

 

 

DSCN1735.JPG

Avers et revers d'une monnaie mancelle

sur l'avers

Inscription Cenomanis

Entre les deux pesonnages : Saint Gervais et Saint Protais, le menhir représenté surmonté de sa croix.

(photo Bibliothèque nationale, cabinet des médailles)

Qu'importe avec sa croix en moins il nous domine de ses 4, 50 mêtres...

 

179628729.JPG

Merci à notre amie la comtoise qui m' immortalisée au pied du menhir.

Ainsi se termine cette première note, j'espère qu'elle vous aura intéressée et si oui, faites moi de la pub...


 

hebergeur d'image

 

hebergeur d'image

17:31 Écrit par Anita ABRAHAM dans Patrimoine | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique